Le forfait patient urgences ou le forfait culpabilisation par incompétence gouvernementale


Il est important aujourd’hui de mettre en lumière ce que le gouvernement trame sous le prétexte de la crise sanitaire. Nous dénonçons depuis 20 mois le manque de lits, le manque de personnels. La pandémie qui s’abat sur notre territoire a mis en lumière la crise hospitalière.

Le gouvernement, outre ses axes d’améliorations proposés lors du Ségur et dont les soignants ne voient toujours pas le résultat, souhaite mettre en place un forfait patient urgences pour améliorer le flux des services d’urgences.
Ce forfait qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2021, imposerai à tous les usagers consultant aux urgences de débourser 18€ à la sortie des urgences si une hospitalisation n’en est pas suivie.

Nous rappelons que la saturation des services d’urgences n’est pas inhérente aux passages de consultations externes mais bien au manque de lits des services d’aval augmentant les temps d’hospitalisations brancard aux urgences. Et de surcroit augmentant l’engorgement des urgences.

En souhaitant imposer l’avance des frais aux patients, l’état va creuser l’inégalité dans l’accès à la médecine. Pourtant, le dogme de l’Hôpital Public n’est-il pas de donner accès aux soins à tous ?

Nous savons qu’en 2019, 9% des passages aux urgences se faisaient pour une impossibilité d’avancer les frais par ces usagers. On parle alors de plus de 2 millions de patients qui se poseraient la question de leur consultation aux urgences.

Comment les plus démunis pourront-ils avancer les 18€, alors que la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer les difficultés de certains financièrement ? Nous assistons inlassablement à la paupérisation de la population et d’ici la fin de l’année 2020, 1 million de personnes s’ajoutera aux 9,3 millions vivant sous le seuil de pauvreté.

En 2021, seuls les patients ayant les moyens financiers pourront consulter aux urgences, le Collectif Inter Urgences s’insurge et s’y oppose.

Le CIU se doit d’alerter des conséquences sanitaires d’un tel projet pour nos concitoyens. Personne ne consulte aux urgences par plaisir, mais bien par nécessité, avec un sentiment de détresse de ne plus savoir où aller pour se faire soigner. Les usagers risquent ainsi de réfléchir à deux fois avant de venir, mettant en danger leur propre santé par un retard de prise en charge. C’est une perte de chance. Nous ne sommes plus dans le « care » tellement vanté par notre Ministre de la Santé, mais bien dans la continuité de la casse de l’Hôpital Public et son système de santé dans sa globalité avec des répercussions non négligeables sur la population.

Nous demandons donc au gouvernement d’entendre et d’écouter les professionnels de terrain. Monsieur Veran l’a dit lui-même : « Les meilleures idées viennent du terrain, des associations ».

Mesdames et messieurs les usagers, vous ne devez pas panser les blessures de l’hôpital public induites par nos dirigeants successifs. Le gouvernement se défausse de ses responsabilités et nous ne pouvons accepter la privatisation de nos hôpitaux.

L’hôpital public doit rester un accès libre à tous !