L’État continue de jouer avec la santé des personnels hospitaliers et de la population.

Mercredi 20 novembre, le Premier Ministre a présenté, aux côtés de la Ministre de la Santé et des Solidarités, un plan « d’urgences » censé répondre à la « crise » de l’hôpital public. Si cela confirme que les arbitrages se jouent désormais auprès de l’exécutif, nous constatons cependant qu’ils ne répondent toujours pas à nos revendications. Constat que nous ne détaillerons pas ici tant il a été largement expliqué au cours derniers jours.

Nous signalons ici une situation locale, signe de la gravité de la crise hospitalière et sanitaire à venir. Aux urgences de Saint-Gaudens (Midi-Pyrénées), malgré les nombreuses alertes lancées par les personnels soignants auprès de leur direction et de l’ARS sur les conditions de travail et d’accueil, la situation s’enlise depuis plusieurs mois.

Ce week-end l’ensemble des infirmiers est en arrêt maladie. La gestion de ce mode dégradé interroge sur la capacité de la direction et de l’ARS à protéger les patients et personnels. Après avoir contraint l’équipe de nuit à travailler 15 heures d’affilés, la direction l’a remplacée par des collègues d’autres services, étrangers au fonctionnement des urgences.

A cet instant, la direction et l’ARS n’envisageait toujours pas une fermeture, ni même un « délestage », c’est-à dire-la réorientation des patients en ambulances / pompiers vers d’autres structures en mesure de recevoir les patients en sécurité.

Contre toute attente, ils décident de déclencher le Plan Blanc ! Une mesure d’urgence déclenchée dans des cas exceptionnels notamment lors d’un afflux massif de patients.

Dans le cadre de ce plan, durant l’après-midi, la préfecture édite des réquisitions pour obliger les personnels à revenir sur leur lieu de travail. Mais pas n’importe lesquels : les infirmiers en arrêt maladie, ce qui est impossible ! Les urgences de Saint-Gaudens resteront donc fermées jusqu’à demain.

Comble du mépris, la direction n’hésite pas, par voie de presse à faire un lien direct entre la grève en cours depuis plusieurs mois et les arrêts maladies des infirmiers.

Non, ce n’est pas la grève qui pousse les personnels hospitaliers à être en arrêt maladie !

Rappelons, puisque cela semble nécessaire même pour des hospitaliers, que ce ne sont pas les infirmiers mais des médecins qui déclarent leurs patients en arrêt de travail en fonction de leur état de santé.
Ils sont le fruit d’un épuisement physique et psychologique lié au travail dans des conditions qui ne nous permettent pas de prendre en charge des patients en accord avec nos valeurs soignantes, et majoré par l’absence d’avancée et d’écoute, entraînant peu à peu, lassitude et colère.
Il ne s’agit pas d’un simple cas isolé. Toutes les régions de France ont connu des difficultés notamment avec des lignes de SMUR fermées en partie ou en totalité cet été.
Avec ses annonces, le gouvernement semble toujours penser que les soignants, tel Sisyphe, continueront à gravir la montagne, dans l’absurdité la plus totale et au milieu d’un système qui s’écroule.

Nous voulons tous éviter les mises en danger de la population annoncées par les fermetures des urgences et la fuite des professionnels dont l’État sera responsable. Il devient urgent de prendre en considération nos revendications telles que nous les portons depuis désormais 9 mois.

Nous appelons l’ensemble des usagers, des collectifs, des associations, et des organisations syndicales, à nous rejoindre lors d’actions locales le 30 novembre, et lors d’une nouvelle journée de mobilisation et manifestations le 17 décembre !

Le Collectif Inter Urgences.

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