Un article du Parisien rapporte hier la mise en examen de l’AP-HP pour homicide involontaire dans l’enquête relative au décès de Mme Myrtil le 18 Décembre 2018 à l’hôpital Lariboisière.

Nous soutenons la démarche portée par la famille endeuillée et mettons nos témoignages à leur disposition pour les aider à obtenir réparation. Notre fidélité ne va pas à l’institution mais aux patients. C’est tout le concept d’advocacy qui est en jeu ici.

Lors de l’instruction la directrice des affaires juridiques de l’Assistance Publique aurait déclaré que « le décès […] était dû à une double faute à l’enregistrement et à la vérification d’identité de la patiente » à son accueil, une procédure « extrêmement stricte et balisée ». Ensuite elle aurait « contesté le caractère inadapté des locaux ainsi que l’insuffisance des moyens humains affectés au service des urgences ».

L’Assistance Publique justifie de moyens humains suffisants au prétexte que l’équipe était complète cette nuit du 17 au 18 décembre 2018. La question qui doit être posée est de savoir si le nombre habituel de soignants est suffisant pour assurer la qualité et la sécurité des soins. Les ratios d’effectifs ne sont fondés sur aucune recommandation de bonne pratique et ne prennent pas en compte les spécificités des services (locaux, file active…). Aux urgences ces calculs se font par benchmark du nombre d’agents sur le nombre de passages, ce dernier étant un mauvais indicateur de l’activité. La méthode est biaisée, insensée, dont acte.

Le fait gravissime dans le drame de Mme Myrtil est l’insuffisance des mesures correctrices prises à l’occasion des alertes répétées des agents sur le danger lié au sous-effectif chronique. Particulièrement il avait été dénoncé six mois plus tôt, documents à l’appui, du manque de sécurité des prises en charge. Si la hiérarchie était informée, il aura fallu attendre le lendemain de la mort de cette patiente pour obtenir un poste de soignant supplémentaire, poste demandé en Juin 2018.