Communiqué de presse 11-12-2020

Nous nous réjouissons d’intégrer depuis le Mardi 8 Décembre les discussions du CNP-I sur le référentiel d’activités IPA MU et de représenter les infirmières des urgences au sein du processus, représentation qui restait a priori vacante jusque là.

La production du référentiel d’activités se heurte aujourd’hui à des débats de fond sur les périmètres et limites des métiers de chacun, à l’image de la construction pour le moins hétéroclite de notre filière paramédicale, entre spécialisation et universitarisation. Cette production intervient également dans un contexte où la réingénierie des métiers et la refonte des grilles salariales sont étudiées en parallèle, de façon non consensuelle. Ces deux éléments amènent à se poser cette question centrale : pourquoi créer de la pratique avancée aux urgences ? Est-ce pour améliorer l’attractivité de la filière, pallier la carence de médecins ou résoudre les problématiques intrinsèques au morcellement de l’offre de soins ? Si la réponse réside probablement dans ces trois propositions, les débats à suivre définiront dans quelles proportions.


Au sein du CIU la réflexion ne porte pas sur la technicité. Il ne nous semble pas que le fait de pouvoir intuber des patients ou poser des voies centrales améliorera les prises en charges et nous laissons à d’autres ces prises de becs. Nous ne partons pas d’une vision idéale de ce que devrait être la médecine d’urgence mais de notre expertise de terrain et de ce que sont les services aujourd’hui : des lieux de survie, de soins, de vie et de liens. Le développement de la clinique et la notion de premier recours à partir des grilles de tri sont des points essentiels – propres à remettre en cause jusqu’aux fondements de la formation actuelle en pratique avancée – et seront débattus. Mais nous portons en outre l’ambition d’une clinique de l’activité, et notamment en :

  • Analyse diagnostique et promotion de la santé sur un bassin de vie.
  • Amélioration des parcours complexes aigus et non programmés, en intra et en extra hospitalier, en particulier sur les demandes complexes relevant du sanitaire et du social.
  • Amélioration de l’organisation des soins au sein de la structure, avec une analyse large sur les process comme sur l’architecture, le design des services, la conduite du changement ou la qualité de vie au travail.

En somme, nous portons la vision d’une IPA qui fera du lien avec l’ensemble des acteurs intra et extra hospitalier, aptitude souhaitée depuis plusieurs décennies comme projet politique mais rarement effective sur les territoires de part la complexité de la tâche. Nous serons ravis d’argumenter et d’illustrer nos propos autour de cette question lors des débats à venir.


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