Depuis 5 mois, les services d’Urgences sont entrés dans un mouvement de grève d’une ampleur inégalé à ce jour.

Celui-ci reflète non seulement le malaise des Urgences, mais de notre système de santé et de l’hôpital public en général. Malgré les 220 services d’Urgences en grève, le ministère de la santé et Madame BUZYN nous laissent sans réponses adaptées face à nos demandes légitimes.

Quelques annonces à minima ont eu lieu de sa part au mois de juin, car elle espérait sans doute tarir notre fougue pour défendre ce que nous savons faire de mieux : soigner, écouter, réconforter. Mais la trêve estivale n’a pas eu lieu, l’Inter-Urgences continue à mobiliser et à se structurer sur l’ensemble du territoire.

Les hospitalisations brancards sont nombreuses dans nos établissements, l’actualité récente nous en a donné la preuve. Des services sont fermés la nuit, ainsi que des lignes de SMUR,  faute de personnel médical et paramédical, ne permettant pas d’assurer la continuité de ce service dû à la population pour sa sécurité.

Il est temps d’imposer des décisions pérennes pour la sécurisation des citoyens-nes à part et à  chance égale, quel que soit la ville ou le village où ils/elles se trouvent. Le gouvernement doit en être le garant, ce qui n’est pas le cas en l’état actuel de la situation. Les conditions de travail de chacun-e d’entre nous, nous poussent un peu plus chaque jour vers de la maltraitance institutionnalisée, faute de moyen humain à la hauteur des besoins de nos services.

Cela est vrai pour les Urgences, mais pour tous les services hospitaliers, en passant par la psychiatrie et les EHPAD. Les médecins doivent aussi prendre leur responsabilité à défendre notre système de santé qui arrive au bout d’un cycle de viabilité.

Nous devons à travers la différence de nos spécificités, nous mobiliser ensemble. Nous les soignants-es, nous sommes responsables de nos actes de soins au quotidien, mais nous sommes aussi responsable de défendre la qualité de ces soins, dans des conditions de sécurité optimale. Alors que les difficultés de recrutement deviennent une problématique majeure des établissements de santé, il est essentiel de revaloriser nos professions par une reconnaissance salariale significative.

Ces revendications nous les portons pour les services des Urgences, mais nous souhaitons aussi les porter avec l’ensemble des soignants. Notre quotidien professionnel est le vôtre ! Soyons solidaires, pour défendre nos valeurs ! L’accès aux soins pour tous-tes dans des conditions de sécurité maximales pour les patients et les soignants ne doit pas être simplement une théorie, mais une réalité.

Les postes nécessaires au fonctionnement de nos services doivent être créés. Les lits indispensables à l’hospitalisation de nos patients doivent être ouverts partout où les conditions d’accueil sont à la limite de l’inhumanité. La valorisation des métiers soignants par une revalorisation salariale est essentielle pour motiver les nouvelles générations à se former, afin de pérenniser un service de santé qui aujourd’hui est un des moins bien classé au niveau Européen.

L’Assemblée Générale Nationale du mardi 10 septembre à Paris sera l’occasion de porter les bases de nos revendications au-delà des services d’Urgences, avec les particularités qui sont les nôtres de par nos spécificités de travail et de prise en charge.

Christophe LE TALLEC – Vice-président du Collectif Inter-Urgences