Aujourd’hui, après plusieurs mois de mobilisation, les collègues continuent de souffrir de leurs conditions de travail.

En épuisement professionnel, soumis à nos nombreux changements de planning, annulation de congés, horaires décalés, perte de sens de leur métier, deux ans d’exercice suffisent à les faire craquer.

Loin d’un management méprisant, nous souhaitons que nos encadrants et directions puissent trouver le courage d’alerter à nos côtés et soutenir le mouvement que nous portons.

Pour le bien de nos patients et de nos collègues soignants.

Ce témoignage anonyme d’un infirmier dans un service d’urgences nous est parvenus, et nous le relayons ici.

“À toi, cher collègue en souffrance, tu n’es pas seul.”

Toi mon hôpital, toi mon service d’urgences, toi qui a toujours été mon rêve, toi que j’ai tant désiré, désolé, mais je ne t’aime plus.

Toi direction, toi encadrement qui m’a fait espérer des conditions de travail confortables et un accompagnement dans mes projets de service et mes projets professionnels, désolé, mais je ne crois plus.

Un peu plus de 2 ans, voilà le temps que tu auras mis pour me broyer, toi encadrement, toi direction.

Car sous tes airs de te soucier de mon bien être au travail, en réalité toi encadrement, toi direction, tu n’es qu’un hypocrite, ton unique intérêt est de remplir ton planning pour faire plaisir aux instances, sans penser aux conséquences de l’accumulation des heures sur mon mental.

Tant de motivation, tant d’envie de proposer de l’innovation mais aucune écoute, aucune attention à ce que je te propose.

Toi direction, je t’en veux. Car tu pourrais changer les choses si tu tenais tête aux sbires du gouvernement.

Toi encadrement, je t’en veux particulièrement. Toi qui fais semblant de soutenir tes agents, toi qui peste parce que ceux-ci sont mis en arrêt. Rappelle toi que c’est en grande partie de ta faute.
Car pendant que tu es occupé à plaire à la direction, pendant que tu nous considère comme un simple numéro, une simple ligne, tes agents meurent à l’intérieur.

Toi qui les vois quotidiennement, toi qui ne te préoccupe pas de leur bien être, souviens toi de ce que tu aurais pu faire, avant qu’il ne soit trop tard.

C’est un cri d’alerte, c’est un cri du cœur.

Toi direction, toi encadrement, je ne te croirai plus jamais.

Un Infirmier - Un soignant parmi tant d'autres.