Les urgences continuent de tirer la sonnette d’alarme.
Les fêtes de fin d’année approchent,  l’épidémie de grippe arrive et l’hôpital continue de fermer des lits.

Aujourd’hui c’est un mail alarmant du chef de services des Urgences de Bicêtre (APHP) qui, de nouveau, alerte sur les conditions de travail extrêmement difficiles et le risque de catastrophes majeures dans son service.

La situation est malheureusement identique dans beaucoup d’hôpitaux en France. Les lits ferment, les patients continent d’affluer par l’une des portes d’entrée de l’hôpital : les urgences. 

Madame Buzyn, Messieurs Philippe et Macron,  les français vous “remercient” pour les fêtes de fin d’année cauchemardesques que vous leur préparez.

Bonjour,

La situation pour les semaines à venir s’annonce extrêmement préoccupante.

La privation de 100 lits avec une activité qui reste stable voire augmente pendant les fêtes conduit mathématiquement  a un engorgement des urgences par les SAS. Pour mémoire, un SAS représente en moyenne 30 minutes de temps médical et autant de temps soignant. Nous partons ce matin avec 21 SAS (10h de temps médical et soignant), sans renfort en personnel et avec une aide-soignante en moins. Ce chiffre est susceptible de doubler dès ce week-end comme les années précédentes, d’autant que la grippe arrive et que les généralistes sont en vacances.

La prise en charge de ces patients impacte directement la gestion du flux habituel des urgences, entrainant des retards de prise en charge et un allongement de la durée de passage, bien majorés par les nombreux dysfonctionnements de cet hôpital. L’engorgement qui en résulte se matérialise par des couloirs encombrés où la circulation est rendue difficile et où les patients attendent dans une promiscuité indigne. Un risque réel de contamination existe entre brancards qui se touchent et de catastrophe en cas d’incendie du fait de l’entrave à la circulation des brancards. Les personnels déjà malmenés par les conditions de travail habituelles risquent de s’arrêter davantage.

Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que de subir à moins de tous démissionner (hypothèse sérieuse); on ne ferme pas les urgences faute de personnels et ce quel que soit l’activité et le nombre de patients présents. Prévenez vos internes que les gardes vont être très difficiles. Nos tutelles sont irresponsables de savoir et de fermer les yeux.

Ce mail juste pour vous avertir que le risque d’évènement grave est majeur. Comme d’habitude, nous ferons le maximum pour les éviter, au prix fort. J’en appelle à la responsabilité et à la solidarité de tous pour nous aider.

Bien à vous

Dr Maurice RAPHAEL
Chef de service des urgences
CHU Bicêtre, APHP
78 rue du général Leclerc
94275 LE KREMLIN-BICETRE cedex

Dr Maurice RAPHAEL

Chef de service des urgences, CHU Bicêtre, APHP

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Gepostet von L'Inter-Urgences am Sonntag, 22. Dezember 2019

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