« Puisqu’il en est ainsi, nous coagulerons ! »

Dans une interview ce jour, la Ministre de la Santé évoque le « risque d’effondrement » des hôpitaux parisiens. La semaine dernière, elle évoquait le besoin de « pédagogie » pour permettre aux hospitaliers de comprendre sont énième plan de sauvetage. Après 9 mois de gréve la nôtre aurait-elle enfin porté ses fruits ? Cependant, à travers ses discours et ses propositions, les pouvoirs publics continuent de nier l’ampleur nationale du phénomène lié aux manques de moyens et d’attractivité.

La même ministre a également annoncé mardi qu’elle ferait un « tour de France des hôpitaux ». Continuons le nôtre :

La semaine dernière nous avons évoqué la gestion dramatique de la situation de Saint-Gaudens (Midi Pyrénées). D’autres SAU de France ont atteint des seuils critiques ces derniers jours. Situations qui se multiplient, signe de la nécessité d’apporter des solutions pérennes sur l’ensemble du territoire.

A Épinal, dans la nuit du 25 au 26 novembre, faute de personnels en nombre suffisant au regard de l’activité et de moyens SMUR adaptés, des dysfonctionnements graves ont entraîné des conséquences dramatiques dans les prises en charge. La totalité de l’équipe de nuit est en arrêt maladie sous le coup d’un véritable choc émotionnel.

A Nantes, dans la nuit du 26 au 27 novembre, alors que plus de 100 patients sont présents dans l’enceinte du SAU, le CHU ne dispose d’aucun lit disponible pour les patients nécessitant une hospitalisation. Entraînant une attente importante aux urgences dans un service saturé. Une véritable nuit de calvaire pour l’ensemble des personnes présentes au sein du service, patients comme soignants.

Doit-on à présent rendre publics chacun des épisodes dramatiques pour être entendu ? Nous ne laisserons plus les pouvoirs publics se défausser face à leurs responsabilités.

La saison hivernale et ses épidémies est synonyme de manque de lits et de sur-fréquentation. Elle s’inscrit dans le contexte d’équipes déjà en tension, soumises à des plannings intenables suite à de nombreux départs et au non remplacement de ceux-ci. Si une certaine série a popularisé l’adage « l’hiver arrive », pour les soignants cette situation explosive laisse à présager d’un hiver sordide au sein de nos services.

Face au degré d’urgence, face à la surdité du gouvernement, face au manque d’action concrète, les paramédicaux du CIU ont voté : le 05/12/19, nous coagulerons !

Nous appelons donc l’ensemble des soignants à se joindre à nous et se réunir au sein de la manifestation interprofessionnelle du 05/12/19 aux cotés des autres services publics mobilisés. Au delà de la question des retraites, qui nous concerne toutes et tous, il s’agit aussi de se rassembler pour faire face aux politiques mortifères issues de la même logique de destruction de nos biens communs.

Nous appelons toujours également l’ensemble des soignants à se mobiliser massivement le 17/12/19 à Paris et en région pour la défense de l’hôpital public.

Le Collectif Inter Urgences.

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